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Interview avec Stéphane Sanloup, fondateur de la marque Ampoules de Lux, qui propose une gamme de tableaux lumineux très innovants.
J’ai 39 ans et je suis créateur de tableaux lumineux. Au départ, j’ai fait une formation universitaire en langues étrangères appliquées (espagnol et anglais), avec deux années passées à l’étranger en ERASMUS. En rentrant j’ai rapidement trouvé du travail, mais je voletais d’un poste à l’autre, car je ne trouvais jamais vraiment chaussure à mon pied. A côté de cela, j’ai toujours été très manuel et j’ai toujours eu cette fibre créative qui était latente et qui ne demandait qu’à se réaliser. Au bout de plusieurs années, j’ai finalement écouté mon for intérieur et je me suis lancé !
En fait, j’ai toujours été sensible aux ambiances lumineuses. Chez moi, je n’ai jamais aimé avoir un éclairage direct, unique et froid. C’est ce qui m’a souvent fait supprimer les affreux plafonniers des principales pièces à vivre. J’ai toujours préféré multiplier les petites sources de lumière, pour avoir un rendu plus cosy. Quand un jour j’ai cherché à remplacer une applique murale dans ma cuisine, je me suis rendu compte que tout ce que l’on pouvait trouver était très basique et sans grand intérêt esthétique. J’ai donc décidé de me lancer dans la réalisation de mon premier tableau lumineux et devant l’engouement des personnes qui le découvraient, je me suis dit qu’il y avait quelque chose à en faire !
On me demande souvent, pourquoi et comment avoir choisi le nom « Ampoules de Lux ». En fait, j’ai toujours aimé jouer avec les mots. Je cherchais un nom un peu rigolo avec le mot lux (« lumière » en latin). Par ailleurs, je savais déjà que je voulais communiquer sur le fait que j’étais l’un des rares créateurs à développer une gamme de luminaires uniquement basés sur des LED et non sur des ampoules dites classiques. Le nom m’est alors apparu comme une évidence ! Et pour la petite anecdote, je me suis aperçu par la suite que mon nom de famille « Sanloup » était l’anagramme phonétique d’ « Ampoules » : c’est dire si j’étais prédestiné !
Je travaille chez moi, dans mon petit atelier. C’est un endroit certes exigu, mais que j’ai essayé d’optimiser au mieux au niveau des rangements et de l’aménagement. Je m’y sens particulièrement bien, car il y a beaucoup de références à mon père disparu. J’ai encore beaucoup de ses outils, car il était initialement artisan plombier. Ensuite, il a affirmé sa vocation d’artiste peintre et j’ai par conséquent quelques unes de ses peintures accrochées sur les murs. Quand j’étais jeune je travaillais avec lui sur des chantiers de plomberie, lors de mes vacances scolaires, et il m’a appris le sens du travail bien fait, ainsi que le rangement de chaque chose à sa place dans un atelier. Je crois qu’il m’a bien déteint dessus ! J’aurai bien aimé pouvoir lui montrer aujourd’hui à quoi ressemble « notre » atelier…
Depuis que je travaille pour mon compte, j’ai radicalement changé : je revis professionnellement ! C’est vraiment grisant de travailler pour soi. Le matin, le réveil n’est plus un problème car je me réveille toujours avant lui ! Il faut cependant bien savoir s’entourer quand on travaille seul, car je compare souvent mon entreprise à une montagne russe : on est très vite euphorique, mais on peut en redescendre tout aussi vite ! Mais pour rien au monde je ne reprendrai une activité salariée, car ce qui me plaît aujourd’hui c’est de laisser libre cours à mon imagination, de gribouiller des prototypes sur du papier, de chercher des solutions à des contraintes techniques, pour enfin arriver à réaliser une création lumineuse complètement aboutie. La cerise sur le gâteau, c’est quand je suis repéré par des professionnels qui « accrochent » sur mon travail, qui apprécient mon sens du détail et qui finalement souhaitent me diffuser. Ça, c’est un stimulant qui me regonfle à bloc !
Les deux ! Quand je suis en phase « création », j’ai vraiment besoin de silence, afin d’écouter et de ressentir le plus profond de mon inspiration. Alors qu’en phase « production » j’ai besoin d’avoir un rythme musical pour réaliser mon travail, un peu comme un orchestre et son chef. Je suis un vrai fan de musique en tout genre. Je passe de la chanson des années 40 à l’électro-rock, via le jazz ou la world music. J’ai un faible pour les chanteuses à voix singulière : Nina Simone, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Kate Bush, Mariza, Imperio Argentina, La Niña de la Puebla, Keren Ann, Sade…
Comme beaucoup de créateurs, mes sources d’inspiration sont en rapport direct avec mon vécu et ma perception sensitive. Mes créations sont souvent des petits clins d’œil à ma vie ou à un événement passé. D’autres fois, ce sont des regards focalisés sur un détail rencontré dans une tranche de vie du quotidien, qui par un processus de synapses accélérées vont déboucher sur une idée lumineuse ! Je pense sincèrement que pour être inspiré il suffit juste d’ouvrir les yeux et son cœur. On me dit souvent que j’ai gardé un regard d’enfant, mais c’est peut-être ce qui m’aide aujourd’hui à retranscrire les perceptions de mon esprit…
Généralement, quand je suis parti dans la réalisation d’une nouvelle création, il faut que je la termine dans la foulée. Je n’arrive pas à m’arrêter avant que tout ne soit fini, quitte à y passer la nuit ! Une fois le travail terminé, soit il me plaît et je décide de l’ajouter à ma gamme, soit je ne suis pas complètement satisfait du résultat escompté et je le laisse de côté pour y revenir ultérieurement. Comme je suis particulièrement méticuleux, je dois avouer que j’ai plusieurs créations qui ont été faites, mais qui dorment encore dans mon atelier car je voudrais y apporter des améliorations.
Réfléchir, mais pas trop ! Écouter tous ses sens et surtout savoir leur faire confiance…
Continuer à être inspiré. Côtoyer encore et toujours des personnes humanistes. Adopter un chien. Persister à sourire et à toujours autant m’extasier devant la nature.
Je souhaite que Decomood devienne un site de plus en plus référencé et de plus en plus reconnu dans la découverte de jeunes créateurs. Les échanges que j’ai aujourd’hui avec Decomood sont d’une rare humanité. Puissions-nous toujours savoir regarder en arrière et nous dire : « Souviens toi comment tout cela a commencé et regarde où l’on en est ! ». Que nos échanges soient toujours aussi fructueux et surtout… Longue vie à Decomood !