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Interview avec Stéphane Hette, photographe, qui nous propose de spendides photos de papillons japonais. Il a developpé sa méthode unique de prise de vue permettant de réaliser de très très belles images.
Les papillons son-ils vivants ? C’est du photomontage ?
Je réponds simplement que lorsqu’on connaît bien les espèces que je photographie on se rend très vite compte qu’elles sont en pleine forme puisqu’elles volent, se nourrissent et se reproduisent.
Et non il ne s’agit pas de photomontage, tout se joue lors de la prise de vue. C’est bel et bien un travail de photographe et non de graphiste.
Je construis tout d’abord mon image dans ma tête ou avec un rapide croquis, puis je mets en place les éléments le plus souvent des fleurs ou de petits végétaux glanés ici et là. Enfin j’introduis dans ce petit décor la vie : le papillon. Il y est libre de faire ce qu’il veut c’est très certainement ce qui donne tout l’intérêt de mes images.
Quant aux papillons soit je les prélève près de chez moi (j’habite en pleine campagne), soit ils proviennent d’élevage. Dans tous les cas ils sont traités avec le plus grand soin.
Plus ou moins par hasard, mon métier de graphiste nécessitait parfois que je réalise moi-même les photographies afin d’éviter de longues heures de retouches et puis en 2005 je suis allé au festival de Montier-en-Der. Certaines expositions m’ont littéralement emballées je crois que c’est ce qui a été l’élément déclencheur.
Généralement je travaille « autour » de chez moi mais il m’arrive comme pour l’Isabelle (un papillon assez rare qui vit dans les Alpes de Haute Provence) de me rendre sur place et de réaliser mes photographies sur le terrain avec un fond blanc mobile que je transporte avec moi.
Je ne me vois pas m’arrêter, je suis heureux de faire ce que je fais dès lors pourquoi m’arrêterai-je ? De plus il existe tant d’espèces fabuleuses que je n’ai pas encore eu l’opportunité de photographier. Et plus j’avance dans le connaissance de ce sujet plus il m’intéresse et me passionne. Je photographie aujourd’hui sans doute moins qu’à mes début mais certainement avec une image beaucoup plus précise de ce que je désire au final.
L’art asiatique l’estampe notamment mais également des illustrateurs naturalistes me donnent des idées et me permettent d’imaginer une représentation de la nature autrement.
Cela dépend parfois je trouve qu’il manque quelque chose alors je peux revenir sur une espèce 1 ou 2 années plus tard si cela apporte un plus au travail déjà effectué. Enfin j’aime à mélanger art, science et nature et c’est tout naturellement que certaines de mes images fonctionnent en série et racontent une histoire sur l’espèce photographiée.
Je travaille depuis 2 années et pour 2 années encore sur un projet intitulé 4m² de nature. Axé autour de la biodiversité de proximité. Cela me conduit à trouver des solutions techniques pour photographier oiseaux, amphibiens, rongeurs etc. en extérieur la plupart du temps. Mais le principe photographique reste le même : un décor fabriqué ou naturel et toujours sur fond blanc. Mais mon projet le plus proche est celui d’exposer d’ici quelques jours, au Festival de Montier-en-Der aux côtés de Paul Starosta, une petite partie du travail déjà effectué sur mon projet 4m² de nature. Une exposition reste le meilleur moyen de rencontrer le public qui apprécient votre travail mais aussi de répondre aux nombreuses questions qu’il se pose. Photographier la nature sans comprendre, partager et expliquer n’a pour moi aucun sens et aucun intérêt ...